Le tourisme en Afrique : une expansion freinée par le Covid-19

Deux fois par mois, Ayeri Advisory traite d’une actualité marquante pour l’Afrique afin de permettre à ses abonnés de suivre et décrypter les tendances à l’œuvre sur le continent.

Le secteur touristique figure parmi les industries les plus affectées par la pandémie de Covid-19 sur le plan mondial du fait des restrictions sur les déplacements internationaux et des mesures de confinement qui ont essaimé dans la grande majorité des pays. Ce qui a conduit au ralentissement de l’activité dans la restauration, l’hébergement, les loisirs et parcs, ou encore l’industrie aéronautique. Même constat en Afrique où, bien que le secteur ne représente que 2,8% des dépenses touristiques mondiales selon l’Organisation Mondiale du Tourisme (OMT), on observe une trajectoire ascendante des recettes touristiques depuis une dizaine d’années notamment en Afrique australe ainsi qu’en Afrique de l’Est. 

S’il est inégalement réparti, le développement du secteur touristique africain concerne malgré tout une grande partie des pays. Le Maroc, l’Algérie, l’Égypte ou encore l’Afrique du Sud figurent parmi les destinations les plus prisées, mais nous retrouvons également la très dynamique région d’Afrique de l’Est. Surtout, les États insulaires en développement tels que Les Seychelles, le Cap-Vert et l’Île Maurice orientent toute leur économie sur ce secteur, qui représente en moyenne plus de 40% de leur PIB.

Aujourd’hui, le tourisme emploie plus de 24 millions de ménages africains et génère ainsi près de 169 milliards de dollars, soit 7,1% du PIB du continent. Le nombre de touristes internationaux en Afrique n’a cessé d’augmenter, si bien que l’OMT a observé en 2017 une croissance de près de 10% par rapport à 2016. Cette évolution s’explique notamment par l’accélération du nombre de compagnies aériennes desservant l’Afrique mais également par la facilité des procédures de visa. 

L’impact du Covid-19 fut un choc pour ce marché en pleine expansion. Selon l’Union africaine, le continent aurait perdu près de 55 milliards de dollars de revenus (48 milliards d’euros) issus du tourisme et des voyages tandis que l’ONU anticipe 2 millions de perte d’emplois directs et indirects dans le secteur. Le nombre croissant des cas de coronavirus — 500 000 cas d’infections ont été relevées par le Bureau régional pour l’Afrique de l’Organisation mondiale de la santé le 8 juillet — pousse l’Afrique à maintenir ses frontières fermées. 

Malgré tout, les pays de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) annonçaient mi-juin la réouverture de leurs frontières internationales « d’ici le 31 juillet » en fonction de l’évolution de la pandémie. Alors que l’Égypte et la Tunisie ont récemment repris les liaisons aériennes internationales, l’île Maurice se prépare à l’arrivée de futurs touristes et figure comme « une destination sûre dans le contexte du Covid-19 » d’après le Conseil mondial du voyage et du tourisme (WTTC). 

L’Egypte rouvre ses aéroports et son tourisme balnéaire depuis le mois de juillet

La reprise de l’activité touristique sera cependant périlleuse. Les compagnies aériennes, victimes du coronavirus et pourtant vitales pour la santé économique des pays nécessitent plus de 20 milliards de dollars pour se relever de cette crise. Toutefois, sur 10 touristes internationaux entrés en Afrique, 4 sont originaires du continent, et cette part est en hausse. Elcia Grandcourt, directrice du département Afrique de l’Organisation mondiale du tourisme décèle ici une opportunité de développement du tourisme intérieur voire continental qui représente un marché grandissant. 

Ce défi repose d’une part sur les entreprises du continent et l’adaptation de leur offre pour un tourisme local centré sur l’environnement proche, mais nécessite également une véritable émergence des classes moyennes. La ratification de la zone de libre-échange continentale (ZLEC) en 2019 acte pour la paix et la prospérité du contient et vise à établir une zone de libre-échange et de libre circulation des investissements et des populations. Une réelle politique d’ouverture grandissant au sein des organisations régionales pourrait alors contribuer à l’essor du secteur du tourisme en Afrique. 

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